De Rêves en Livres…

Interview de la Tisseuse : Léa Silhol

Lea Silhol by Mad Youri - Gay Pride MTP

Bonjour Léa, tu es surnommée « La Tisseuse » car tu tisses les histoires comme nulle autre. Pourrais-tu nous dire d’où provient ton inspiration prolifique ?

Un tout, un rien. La vie, je suppose. Un coup de colère, une phase d’enthousiasme… Des rêveries ou trépidations à l’écoute d’une chanson, souvent.

J’essaye de ne pas trop me poser la question, dans la mesure où j’ai remarqué que tenter de décrypter ce schéma trop tôt revient à influer sur la forme finale que prendra le texte. Mais de façon générale chaque histoire est le reflet d’une question que je me suis posée à un moment où un autre. Je la jette dans un décor, la confie à des personnages, et écoute ce que ce laboratoire aura à me dire.

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As-tu des tics ou des tocs en phase créatrice ?

Je n’écris jamais sans musique. Je crois que c’est tout. Sinon que je suis plus à vif que d’habitude, sans doute. 100 % en phase maniaque. Le début d’un nouveau texte est toujours un moment d’immense exaltation. C’est aussi, peut-être, l’intérêt de la chose ?

Une anecdote amusante à nous raconter au sujet d’un de tes livres ?

 Voilà une question qui m’aura laissée « le bec dans l’eau » pendant un bon moment ! Des anecdotes, il y en a un million, ou aucune. Comment choisir ?

Alors… disons cela : il y a quelques années j’ai été contactée sur Myspace par un pilote d’hélico  Black Hawk. Américain, donc. Il était tombé sur un de mes livres tandis qu’il passait à Paris, en permission entre deux tours sur le front, et était resté scotché par la couverture. Il s’était fait tatouer l’image de couverture en taille XXL sur le dos. Bien que ne pouvant lire un seul mot de français, il recherchait désespérément un exemplaire, ayant perdu le sien (ce me semble). Il était persuadé que ce tatouage lui avait servi de ’bouclier’. Et il m’a envoyé, pour preuve, des photos. Le tattoo était magnifique, et le support… pas moins. On ne voit plus, après cela, la couverture d’un de nos livres de la même façon, vraiment ! 😉

Tu es une artiste engagée et cela n’est-il pas difficile de concilier écriture, vie de famille et les différentes causes qui ont ton soutien ?

Je crois que tout écrivain, quel que soit la forme que cela prend (professionnelle ou auto-catharsis) sait qu’il est très difficile de concilier vie privée et écriture. C’est un processus d’immersion, un petit engloutissement. Il faut arriver à trouver un.e partenaire qui supporte le côté à bout de nerfs et drama queen que nous pouvons développer en phase d’écriture !

Personnellement, lorsque j’écris, je deviens inapprochable. On ne peut pas me parler, me toucher, ou même me proposer un café (un comble, vu mon addiction sévère à ce fuel !). Toute interruption m’arrache à la vision de la ligne suivante, ou du paragraphe / dialogue / chapitre suivant. Cela peut littéralement m’enrager, dans la mesure où si je tape si vite (70 000 signes par jour, soit en gros 45 pages) c’est que j’ai peur que ce que j’ai ’vu’ m’échappe. Une ligne interrompue ne revient jamais, hélas. Ce n’est pas aisé d’expliquer cela à son compagnon, ou à ses enfants, qui vivent dans une temporalité différente.

Concernant mes engagements, la donne est similaire, évidemment. Par exemple : je suis engagée dans la cause des lévriers d’Espagne, qui sont massacrés et torturés en grand nombre chaque année dans leur pays. L’action logique, après quelques années de militantisme, était d’en adopter au moins un. Finalement ce fut trois. Ce sont des chiens de grande taille, avec un passé de maltraitance important. Ils sont en grande demande de partage et d’affection. Et eux… aucun moyen de leur expliquer que lorsque j’écris, il ne faut pas m’interrompre. J’ai dû devenir adaptable.

Mes bénévolats prennent aussi pas mal de temps sur mon planning, bien sûr.

Et… être un artiste engagé n’est pas sans conséquences. C’est la raison pour laquelle, par exemple, le volume 2 de Vertigen n’est pas sorti en poche, alors que le premier avait été publié en Club et en Poche, et vendu (toutes éditions confondues) à plus de 35 000 exemplaires. On m’a fait savoir que, suite à mes prises de position sur les abus de l’édition, j’étais devenue “problématique à publier”. J’ai, de la même façon, refusé des contrats ‘juteux’, avec des a-valoir à 15 000 euros et des tirages à 150 000 exemplaires et plus, par solidarité avec d’autres artistes censurés, ou par opposition à des politiques pas très nettes de la part des éditeurs.

L’engagement est comme l’appartenance à une minorité, quelle qu’elle soit : jamais facile, on le sait. Mais on nait engagé, je crois, comme on nait doté d’une couleur de peau ou une orientation sexuelle ‘différente’. Cela fait, bon gré mal gré, partie de nous.

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Aujourd’hui, la romance gay a le vent en poupe sans ambiguïté, beaucoup d’auteurs célèbres cèdent à ses sirènes. Si tu devais en écrire, comment verrais-tu le caractère du couple principal, et t’orienterais-tu plus vers un gay for you (c’est-à-dire un Amour qui ne se soucie pas du sexe, un personnage devenant gay par amour) ou plutôt vers des personnages déjà gays à la base ?

Question compliquée ! Il y a toujours eu, tu le sais, beaucoup de personnages homosexuels ou bisexuels dans mes histoires. Mais leur orientation ne dépend jamais vraiment, pour moi, d’une décision.

Chaque personnage est un peu comme une nouvelle rencontre. Je m’assois en face de lui ou d’elle, le regarde dans les yeux et lui demande : « qu’est-ce que tu aimes ? ». Dans le cas de Priest dans Le Dit de Frontier, par exemple, il m’a répondu : les vêtements sobres, noirs, stricts ; les bonbons, parfum menthol en particulier ; les artistes de rue, les instruments à corde ; mes amis, absolument et au péril de ma vie s’il le faut.

Puis je me glisse dans leur peau, et leur demande « qu’est-ce que tu es ? » Pour garder le même exemple, Priest m’a répondu : loyal, calme et zen, empathique, un cœur tendre, une main qui soigne, l’oubli de soi, gai et… gay.

La question : « Qui aimes-tu ? » est amenée par l’histoire, en son temps. Je ne prévois rien.

Il en va de même pour l’histoire d’amour entre Joy et Shell dans “Voix de Sève”. Deux femmes se rencontrent, et partagent diverses choses. Elles se rapprochent, et à un moment donné je me dis… tiens, Joy est en train de tomber amoureuse de Shell. Dans ce cas, Joy était hétéro, et Shell lesbienne. L’une des deux est donc dans le principe du gay for you, que je trouve infiniment émouvant quand la personne qui l’expérimente ose le porte à son terme ; et l’autre femme impliquée est lesbienne. Mais ce ne fut pas une décision, ni scénaristique ni tactique. Les personnages ont simplement ‘poussé’ et évolué ainsi.

Mes personnages sont comme mes amis, et l’ensemble des humains d’ailleurs, pour moi : ils aiment ou désirent qui ils veulent. Ils ont donc autant de chance d’être hétéro qu’homo, ou bi. Dans les volumes de Vertigen, les citoyens des Cours Féériques sont majoritairement bisexuels, d’ailleurs. Ils ne subissent pas nos petites constrictions morales, ni ne vivent dans une civilisation qui considère le sexe comme un tabou ou un péché.

Bien que les “histoires d’A” occupent une place importante dans mes petits tissages, je n’écris pas de romance pour la romance, et de cède jamais à un sujet parce qu’il est modasse. Si je devait un jour camper une romance gay à l’échelle du couple principal d’un roman (puisque dans les nouvelles, c’est fait) elle s’imposerait de cette façon, et viendrait du cœur.

L’amour est une chose dramatique pour moi, et donc sérieuse. On ne joue pas avec. Donc je suppose que cette mode ne passera pas par moi via les sirènes que tu évoquais. D’autant plus ici, c’est-à-dire dans le cadre de la cause LGBT qui fait partie de mes plus anciens combats. Alors que l’homophobie galope, que la communauté demeure autant en bute, hélas, à des discriminations et brutalités psychologiques ou physiques extrêmes, et tandis que les inquisiteurs de Civitas et de la Manif Pour Tous, mais aussi les plus rétrogrades de nos politicards, remettent en question l’heureuse avancée du Mariage pour Tous… je suis assez dérangée que l’on puisse envisager la romance gay comme un “secteur (mercantile) juteux”. D’autant plus lorsque les sirènes embarquent des auteurs hétéros, qui écrivent des romances gays pour des lecteurs majoritairement hétéros. Je reste dubitative sur la capacité d’un auteur à restituer la vérité d’une romance homosexuelle sans en avoir expérimenté tous les aspects. Et est-ce ok d’emprunter cette voie tout en fermant les yeux sur la violence qui frappe la communauté ? Je vis à Montpellier, ville notoirement gay-friendly depuis bien longtemps, et instrumentale dans Le Mariage Pour Tous. Mais… Le Refuge déborde, et même ici la tolérance subit une inquiétante érosion. Dans la mesure où les 3/4 de mes amis les plus proches sont gays, ce n’est pas un sujet inerte, pour moi.

Alors la plus belle romance gay, à mon sens, ce serait de foutre, enfin, la paix à nos concitoyens ainsi orientés, et de reconnaître leur droit inaliénable d’exister et de vivre leurs vraies romances.

Je sais que Tanith Lee fut une amie très chère, penses-tu que son œuvre t’a influencée d’une manière ou d’une autre ? Personnellement l’Opéra de Sang restera pour moi une œuvre atypique, sans concessions et puissante, je dois avouer que le personnage d’Althene fut un choc dans le bon sens du terme.

Très grand personnage, Althene. C’était assez révolutionnaire, à l’époque, il me semble !

Tanith Lee fut une influence, très certainement. Mais… comme des centaines d’autres. J’en ai dressé la liste, en quelque sorte, dans un texte poétique intitulé Navigator, qui devrait paraître très prochainement.

La découverte de Lee fut un choc particulier, dont je me souviens aussi comme si c’était hier. Cela prit la forme précise d’un : « alors… on a le droit ?? ». Elle a justifié, vérifié, validé, d’une certaine façon, ce que je faisais déjà dans mon petit coin, et pensais être trop hors norme pour aboutir jamais.

Lorsque je l’ai contactée pour proposer de la publier, j’avais les genoux en guimauve, vraiment ! Et je n’aurais alors jamais envisagée que nous allions devenir aussi proches. J’ai résisté à cette relation très longtemps, je l’avoue non sans honte. Mais nous avions aussi un très grand nombre de points communs en sus de la littérature. Elle fut pour moi la preuve éclatante que des inconnus dotés d’esprits voisins peuvent se reconnaître et se rencontrer à travers l’art. Et ceci était véritablement capital. Elle me manque chaque jour. Elle me manquera toujours.

Quel est ton livre préféré ? Et pourquoi ?

Aucun. Tous. Je ne peux pas avoir un livre préféré. C’est impossible !

Il y a un peu plus de 30 000 volumes dans ma bibliothèque physique / papier, et quelques milliers de plus dans ma biblio numérique. Une fraction de ce ‘tas’ est potentiellement mon livre préféré, selon le jour, l’heure… la lune !

Mais parmi ceux-là, il y a ceux dont je ne me sépare jamais : tout Shakespeare, tout Eluard, tout Oscar Wilde, Cyrano de Bergerac, The Foutainhead d’Ayn Rand, Le Silmarillion de Tolkien, Only Revolutions de Danielewski… Ils sont peut-être, alors, mes préférés ?

Quelles seraient tes recommandations pour tout auteur débutant ?

Ma recommandation première serait celle-là, toujours : vivez. Expérimentez. On ne parle bien que de ce que l’on connaît, de la façon la plus directe et viscérale. Nous sommes tous uniques, et pourtant… nous vivons tous la même chose. L’auteur est seulement celui qui arrive à transmuter sa propre expérience en feeling universel, qui fait écho avec tous.

Ensuite : votre voix est la vôtre. Ne laissez personne vous dire comment écrire, de même que personne ne devrait avoir le droit de vous indiquer comment vivre. Pas de norme, pas de formule, juste la sincérité.

Et pour finir : lisez les contrats, relisez-les. Ne signez rien qui vous dérange. Ne vous laissez pas bloquer, pour publier, dans des deals qui aigriraient vos existences et finiraient par tarir la source. L’œuvre n’est rien. La plus grande œuvre qu’un homme ou une femme puisse bâtir, c’est sa vie.

Tes livres suivent-ils un plan établi ou au contraire est-ce l’histoire qui te porte ?

Je sais que beaucoup d’auteurs suivent des plans. Je ne sais pas comment ils font, franchement.

En ce qui me concerne, j’ai le point de départ et sais assez vite comment cela finira. Le chapitre de fin est souvent écrit très très tôt. Pour aller du point A au point Z, je me laisse porter, oui. Les personnages décident. Si on entre vraiment dans leur peau, on réalise assez vite qu’ils ne cessent de nous surprendre, et ne rien faire de ce que l’on avait imaginé. C’est cela, aussi, qui rend le voyage fascinant. Rien de pire que de s’ennuyer !

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Si l’un de tes livres devaient être adapté à l’écran, quel est l’acteur ou l’actrice qui représenterait le plus ton univers, autant par son jeu que par sa personnalité ?

Je peux imaginer un acteur pour un personnage, assez souvent. Mais pas plus. Il me faudrait alors dresser la liste d’un casting qui serait interminable, la trame comportant à présent des centaines et des centaines de personnages. Aucun acteur ou actrice en particulier ne pourrait devenir, en tous cas, “l’égérie” de mon univers.

On dit qu’en tout artiste règne une part de folie, se plonger dans son art c’est prendre le risque de révéler cette part parfois obscure, partager tes écrits est-il salvateur pour toi ou source de stress ?

Ah… c’est une question difficile…

Salvateur non, jamais, je crois, ou très rarement. Écrire ces textes l’est, oui, mais les publier / montrer / partager… non.

Il y a cette phrase de Flaubert, qui m’a toujours hantée depuis que je l’ai entendue la première fois : « l’art n’est pas un mensonge ». Je n’ai jamais cessé de me demander si ce sacré Gustave avait raison. Il y a eu, alors, des rencontres qui se sont faites par ce biais et qui sont essentielles pour un chat cynique dans mon genre : celles qui démontrent que l’art est une passerelle permettant aux esprits voisins de se reconnaître. C’est capital, vraiment.

Mais il y a, bien davantage encore, ces moments où on a l’impression d’écrire sur une vitre : ceux qui sont de l’autre côté nous lisent à l’envers. On a beau chercher et se tendre, on est souvent écrasé par la sensation  que, quoi que l’on fasse, on ne parvient jamais à se rendre assez limpide ou intelligible. C’est désespérant, lorsqu’on travaille avec les mots, de se dire si souvent que la communication, en son ensemble, est un ‘epic fail’.

Publier est toujours stressant : les critiques, les mesquineries du milieu, les étranges résultats (en bien comme en mal) des ventes… Mais ce n’est pas tant révéler ma part d’ombre qui me stresse, c’est plutôt cette inquiétude devant la Tour de Babel où nous vivons. L’incapacité des humains à se comprendre, s’entendre, lire et penser droit. Mais pas besoin d’être artiste pour vivre cela : il suffit d’échanger trois mots avec ses contemporains sur un Réseau Social, non ? 😉

Si tu devais résumer en un seul mot ce que tes fans représentent pour toi, quel serait-il ?

Mes lecteurs sont des visages dans la foule. À ce titre, ils sont des personnes. Des individus uniques et singuliers, chacun à leur façon. Pas une masse à laquelle je pourrais, vraiment, accoler un terme collectif.

Beaucoup de mes éditeurs m’ont reproché de « trop parler avec mes fans » (bla bla bla). Mais je crois qu’il est essentiel de voir cela : se souvenir que derrière chaque exemplaire ouvert, il y a un visage. Une personne. Un écho. Ne surtout pas tomber dans le travers d’envisager le public comme une masse informe, des statistiques, et des politiques de vente.

Mon atelier est un labo. Le lieu où je me pose des questions. Le reflet que me renvoient les lecteurs fait aussi partie de ce laboratoire.

Je n’écris pas pour mes ‘fans’. Tout auteur qui fait cela est un charlatan. Mais il m’arrive de publier pour eux. Pour certains d’entre eux avec qui je bavarde, à présent, depuis peut-être vingt ans. Eux, lorsqu’ils se plaignent avec délicatesse de mon absence, leurs voix parviennent à traverser le rideau opaque que je jette parfois entre le monde et moi. Je les entends, me mets une gifle, et me répète que, comme le dit l’indispensable St-Ex, on est responsable des renards qu’on apprivoise.

Alors disons… voisins. Mes lecteurs sont mes voisins. Des concitoyens que je croise plus souvent que d’autres, et avec qui nous partageons quelques goûts et préoccupations communes, avec un peu de chance. Et il y a certains de mes voisins que j’apprécie sacrément. Et d’autres… sont mes voisins aussi : ils vivent à côté de chez moi, mais ne recyclent pas, râlent bêtement sur les aboiements de ma meute, ou votent FN. Et j’ai assez souvent envie, donc, de les emplâtrer ; mais néanmoins, nous vivons dans la même rue. 😉

Ordre ou Chaos ? Lumière ou Obscurité ? Amour ou Raison ? Force ou Fragilité ? Sucré ou Salé ?

Les deux.

Les deux, l’un n’existant pas sans l’autre.

Les deux (mais surtout le premier, en favorisant la Passion).

Les deux !

Sucré-salé (comme en cuisine).

Ton actualité livresque est emplie de beaucoup de futures sorties, pourrais-tu nous en toucher quelques mots ?

La beauté de travailler avec la coopérative d’artistes Nitchevo, c’est que je fais enfin ce que je veux, et rien d’autre. Mais c’est aussi le problème, en un sens : je sors “ce qui est prêt”, sans planning deux ans à l’avance et autres lourdeurs de la machinerie éditoriale traditionnelle.

Même notre volonté d’alterner rééditions des épuisés et inédits n’a pas tenu bien longtemps, et les inédits ont englouti les rééditions !

Nous avons ressorti il y a peu Musiques de la Frontière, qui complète Possession Point dans la série de fantasy Urbaine du Dit de Frontier. Et nous avons publié très récemment 340 mps qui doit donc être suivi, logiquement, par la réédition de Fovéa.

340 mps est un recueil axé sur l’obsession, le désir dévorant, et le point de rupture. Il se rapporte assez naturellement à la série Error_Type, que Fovéa a ouvert. Nous sommes dans les mêmes préoccupations, et la même ambiance. Là où Fovéa se focalisait sur les erreurs d’interprétation et de  communication, et la façon dont cela dérape, 340 mps vise plutôt ce dialogue intérieur que nous entretenons avec nos propres pulsions. Le désir sous toutes ses formes, que ce soit celui que nous pouvons concevoir pour un ‘autre’, ou pour un objet de collection, la pureté d’une démarche professionnelle… etc. L’obsession, la compulsion, mais aussi via le moteur emballé, en surchauffe, et le mur dans lequel il nous envoie non sans jubilation. C’est peut-être le pendant maléfique de Sacra, qui traitait beaucoup du sentiment d’exaltation et d’extase ?

Ceci fait, normalement, nous partirons sur le cycle de Vertigen. Ce qui consistera évidement à republier les volumes épuisés tels que La Glace et la Nuit – Nigredo (en version augmentée et réécrite), Avant l’Hiver et… La Sève et le Givre, revampé également. J’y avais beaucoup pensé, et puis m’y suis attaqué presque par hasard, il y a quelques semaines (c’est un scoop, mon cher Éric !). Un quart du volume a déjà subi un considérable lifting.

Mais ceci serait bien affreux-méchant si nous ne sortions pas la suite, non ? Et donc… pour suivre Nigredo il y aura à plus ou moins brève échéance le volume suivant de La Glace et la Nuit : Albedo, dont je suis en train de terminer l’écriture. À partir de là, nous pourrons enchaîner tranquillement sur les volumes suivants du cycle, au fur et à mesure que je les écrirai.
Toutefois, ce que j’attends vraiment avec une frétillante impatience, c’est de me plonger dans le cycle d’Isenne, dont huit volumes sur les treize prévus sont déjà écrits, et qui suit les frasques d’une bande de treize amis noceurs, comploteurs, viveurs et adeptes de la dette d’honneur et de l’estoc verbal, dans ma Venise très revue et corrigée, aux environs du XVe siècle.
Cela nous ramène, d’ailleurs, à la question que tu me posais plus haut, sur la romance gay : 13 garçons, jeunes, fortunés et fringants… impossible de camper leur histoire sans décortiquer leurs romances respective. Dans ce cadre, on a les deux menus : le ‘gay for you’ et le plus classique « diantre, j’ai été dessiné comme ça (et ma rapière va derechef aller saluer ton appendice nasal, foutrecul, si ceci te malsied) ». Sur cet éventail-là = une belle bande (sans jeu de mot) de jeunes gars très dirigés par leurs pétillantes hormones, je pense que l’on doit avoir toutes les couleurs possibles de la palette. On y retrouve notamment un couple que je trouve passablement remarquable, et que tu connais déjà, je pense : Payne et Olivio, déjà croisés dans Sacra.
C’est une série totalement jouissive, dans laquelle je m’amuse comme jamais encore, malgré la gravité des enjeux. J’ai une hâte monstrueuse de retourner vers ces treize forbans, qui sont vraiment devenus des amis irremplaçables pour moi avant, je l’espère, de devenir un jour les vôtres (et plus si affinités !).

Pour retrouver ses livres :

Amazon

 

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